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 COMMUNIQUE DE NO PASSARAN - UNEF=MEDEF?

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Soviet-resistance

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MessageSujet: COMMUNIQUE DE NO PASSARAN - UNEF=MEDEF?   Lun 15 Déc - 13:54

Citation :
UNEF = MEDEF ?
Le syndicat majoritaire dans le mouvement

Les syndicats sont nos amis, jamais jamais ils ne nous ont trahi-e-s [1] !

C’était prévisible, mais ça fait toujours un peu bizarre : l’Union Nationale des Etudiants de France (UNEF), pourtant syndicat étudiant majoritaire, ne s’est pas investie dans le large mouvement des étudiant-e-s, enseignant-e-s et BIATOSS pour l’abrogation de la loi Pécresse. Pire, la direction de ce syndicat a négocié de façon séparée avec le gouvernement Sarko/Fillon, en plein milieu du mouvement et sans discussion préalable avec les structures représentatives des AG. A la suite de quoi, menant une politique résolue de terre brûlée, l’UNEF a fait quitter la coordination nationale de Lille (24/11) aux délégué- e-s d’AG membres de la majorité du syndicat, le tout à grand renforts de déclarations mensongères aux médias. Pour finir, la direction a organisé un référendum interne sur les modalités d’une lutte que l’UNEF venaient de quitter avec fracas, achevant la destruction aux yeux des médias de toute légitimité à la poursuite de la grève. Il serait facile - et justifié - de se lancer dans de vibrantes diatribes anti-syndicales, au vu d’un travail de sape aussi cynique. Mais c’est justement parce que les faits sont à la fois graves et habituels qu’on ne peut se contenter d’une dénonciation morale : il est nécessaire de réfléchir au problème politique posé par l’attitude de l’UNEF dans cette lutte, préalable nécessaire à la transformation du rapport des mouvements étudiants à cette organisation.

Avant de parler de l’UNEF dans le mouvement anti-LRU, un petit rappel s’impose : l’UNEF actuelle est le « syndicat » majoritaire chez les étudiant-e-s, produit de l’absorption/réunification de l’UNEF-SE (majoritairement communiste) et de l’UNEF-ID (majoritairement socialiste) en 2001. Elle est aujourd’hui dominée par de bon-ne-s social-démocrates (Tendance Majorité Nationale, proche de la gauche du PS, 80%), tandis qu’une aile droite (Tendance Refondation Syndicale, strausskhanienne, 7%) et une aile gauche (Tendance pour une UNEF Unitaire et Démocratique, plutôt LCR, 13%) luttent en interne pour leur arracher quelques adhérent-e-s. Si on ajoute à ça que la TMN est elle-même divisée entre trois sous-tendances, on voit bien quel panier de crabe peut être cette organisation : ce n’est pas pour rien qu’elle est souvent considérée comme un bon lieu d’initiation aux crapuleries politiques les plus diverses. Grâce à l’indéniable talent bureaucratique acquis dans une telle machinerie et aux complicités financières d’organisations amies, l’UNEF se maintient depuis longtemps à la première place dans les très peu suivies élections étudiantes. Malgré la répugnance profonde qu’on peut avoir pour leurs pratiques et pour leurs idées, les militant-e-s de l’UNEF ont une importance particulière dans les luttes, notamment dans leur préparation. D’abord parce qu’en menant une politique de cogestion, ils/elles ont souvent accès à des informations cruciales : ainsi l’UNEF a planché l’été dernier avec le gouvernement sur la loi LRU. Ensuite du fait de leur accès à des moyens matériels assez amples, surtout par rapport aux non-syndiqué-e-s. Enfin, parce que l’UNEF a acquis durant ce dernier siècle (eh oui, elle a été créée en 1907) une position symbolique particulière, et les réseaux de relations qui vont avec, par exemple dans les médias. Bref, si on peut faire sans, c’est quand même beaucoup plus facile quand on les a avec nous. D’autant qu’en plus des ressources propres à l’UNEF, les militante- s ont parfois de l’expérience des luttes, et donc des capacités d’organisation et d’engagement qu’il faut reconnaître. Tout le problème est que leur perception de l’intérêt de leur organisation est souvent contradictoire avec une utilisation de leurs compétences au service du mouvement...

Pour revenir à la mobilisation contre la loi LRU, il est clair que la majo de l’UNEF a été un poids. Elle a décidé début juillet de ne pas dire un mot de la loi, au profit d’autres combats (bourses, frais d’inscriptions illégaux...) en décalage complet avec les préoccupations de l’heure et la politique d’agression gouvernementale. Ce silence a peut-être eu d’importantes conséquences ; on peut penser que les choses auraient été différentes, par exemple, si l’UNEF avait utilisé ses infos pour mener une grosse campagne de sensibilisation en juin-juillet, notamment pendant les traditionnelles chaînes d’inscription (ce que la majo a refusé). Il ne faudrait pas croire que les dirigeant-e-s du syndicat se moquent de la loi LRU ; simplement ils/elles pensent que réclamer l’abrogation risquerait de fragiliser leur organisation dans les cinq années à venir, qui s’annoncent difficiles. En effet, un mouvement dur compromettrait leurs relations avec le gouvernement, et une défaite risquerait de peser sur leur capacité à construire un rapport de force dans les négociations. Dès lors leur but était de montrer au gouvernement que l’UNEF avait toujours une grande capacité de mobilisation (d’où l’investissement local des militante- s UNEF et l’appel de Julliard à « amplifier le mouvement » quand il était clair que le nombre d’universités bloquées était en augmentation), mais sans s’engager dans un conflit long qu’elle pensait ne pas pouvoir tenir, et encore moins gagner. On peut noter la ressemblance frappante avec la stratégie de la CGT, instrumentalisant les cheminot-e-s pour négocier avec le gouvernement le plus vite possible, mais refusant de les accompagner dans un conflit que la plupart des grévistes voulaient mener. Dans les deux cas, l’intérêt supposé du syndicat prime sur la volonté exprimée par les personnes mobilisées. Face à cela, deux attitudes sont possibles : la première (celle de la TUUD) est de peser en interne sur les contradictions de la majo pour la forcer à rester dans le mouvement, au risque de se retrouver absorbé par les combats bureaucratiques, de développer un attachement identitaire à l’orga et de magouiller en interne (échanges de bons procédés avec la majo etc) ; la seconde (celle de SUD) est de s’organiser à l’extérieur de l’appareil de l’UNEF pour pouvoir se passer d’elle, au risque de s’épuiser à essayer d’occuper une place face à des médias réticents, voire de se dissoudre dans les luttes qu’on veut faire vivre à tout prix.

Ce qui conduit au principal problème que pose l’UNEF : au-delà de ses décisions d’agir ou pas, sa position dominante dans le champ des organisations étudiantes forcent tou-te-s les autres acteurs/trices à se situer par rapport à elles. Quelle que soit la stratégie choisie, toutes les personnes engagées doivent dépenser de l’énergie pour pousser l’UNEF à agir ou pour se prémunir contre le résultat de ces actions. On en a eu un exemple frappant lors de l’organisation des coordinations dès le mois d’octobre : pour les syndicats minoritaires comme pour les non-syndiqué- e-s, la peur de voir l’UNEF débarquer en force pour « prendre la coord » était permanente. Il faut dire que la majo de l’UNEF étant très hostile à ce mode d’organisation, elle n’envisage que deux solutions : contrôler la coord ou la pourrir. Et il faut le reconnaître : elle sait le faire, et nous ne savons pas forcément comment nous en protéger de façon efficace, sans les relais médiatiques et les ressources organisationnelles nécessaires. La tentation est grande d’adopter un mode d’organisation hiérarchique et bureaucratique pour contrer l’UNEF : direction élue du mouvement plutôt que simple coordination, porte-paroles permanents, bureau de la coordination... Un sacré prix à payer pour une efficacité hasardeuse. Mais il ne faut pas se faire d’illusion : le gouvernement Sarko/Fillon ne va pas s’arrêter là, et le problème des pratiques syndicales ne disparaîtra pas de lui même. C’est pourquoi il est plus que jamais nécessaire d’inventer des outils qui soient à la fois efficaces pour contrer les syndicats bureaucratiques, et en accord avec notre volonté politique d’auto-transformation par les luttes.

Sam
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